Depuis l’explosion des chaînes TV, de l’usage du téléphone
fixe et mobile, de l’internet, de l’e-mail, des SMS et de la messagerie
instantanée, nous sommes passés définitivement dans l’ère du zapping.
Chacun sait que
l’herbe n’est pas nécessairement plus verte ailleurs, et pourtant…
Conséquence de ce que Barry Schwartz appelle le paradoxe du choix,
la profusion de choix nous amène à quitter fréquemment l’activité en cours pour
jeter un œil sur autre chose. Curiosité excessive ou problème de concentration ?
Très vraisemblablement les deux. Mais un élément supplémentaire contribue à
faire de nous des zappeurs : l’accroissement de la fréquence des
interruptions venant nous perturber au travail, chez soi, ou encore pendant nos
loisirs (en pleine séance de ciné par exemple, au moment ou le suspens est à
son comble). Et ces cause d’interruption sont nombreuses : coup de téléphone,
arrivé d’un e-mail, d’un texto, d’un message sur MSN ou équivalent, …
Au travail, ces problèmes d’interruptions seraient à
l’origine d’une perte de productivité aux Etats-Unis de plus de 650 milliards
de dollars, selon une étude du Basex.
Au niveau personnel, d’après La
Tribune de Genève citant une étude de Nicholas Carr, l’utilisation
fréquente de l’internet et en
particulier des moteurs de recherche modifierait l’organisation
de notre cerveau. Parmi les effets les plus caractéristiques, nous devenons de
moins en moins capables de lire de longs romans ou de soutenir une réflexion
profonde. Surestimant notre capacité à faire plusieurs choses en même temps et
sous-estimant le coût des diverses sources d’interruptions, et peut-être aussi
de par la pression que nous recevons de notre entourage, nous avons tendance à
utiliser notre cerveau comme un ordinateur moderne, c’est-à-dire multi-tâches. Sauf
que cette étude montre que nos capacités en la matière sont très limitées, notamment
à cause du temps nécessaire pour retrouver sa concentration initiale après la
bascule d’un sujet à un autre. Fort heureusement, nous avons encore en revanche
d’innombrables qualités que les processeurs les plus puissants ne pourront jamais
égaler…
Ne serions nous simplement pas assez raisonnable ?
Le plus étonnant, c’est que malgré la conscience partagée de
ce problème d'interruptions, tout le monde continue à appeler, envoyer des mails, des SMS, … En
définitive, c’est la facilité avec laquelle il paraît possible de communiquer
aujourd’hui qui nous conduit à interagir de plus en plus souvent avec nos semblables…
et comme si cela ne suffisait pas, avec de
plus en plus d’automates.
So what ?
Quelle solution ?? Comme le propose Gmail :
« Take a break » ! Autrement dit, il faut savoir se donner du temps pour s’isoler, se retrouver, au lieu de sauter systématiquement sur son ordinateur (pour consulter sa messagerie) ou son téléphone (si, si, il y a encore un bouton pour arrêter ces bijoux de technologie ;-)
Y a qu’à !..
Quelques
références: